l\'indigné

To Be or Not to Be


Sortie en sall: 13 décembre 2000
Durée : 1h
Genre : Comédie (américain)

 

 

A Varsovie, en 1939, des comédiens organisent une folle mascarade pour berner les nazis. Satire génialement drôle et osée pour l'époque (exemple : « Il a fait à Shakespeare ce que nous faisons àla Pologne»), ode décapante à la liberté : celui qui fait la fine bouche sur ce chef-d'œuvre n'est plus un ami.

› Lire la critique de Télérama

A Varsovie, en août 1939, Joseph Tura et ses camarades répètent une pièce intitulée «Gestapo», directement inspirée par les événements les plus récents. Rapidement, les autorités polonaises font interdire les représentations, craignant un incident diplomatique. Les comédiens décident alors de reprendre «Hamlet», de Shakespeare. Tandis que Joseph Tura commence le célèbre monologue «Etre ou ne pas être», sa femme, la blonde Maria, reçoit dans sa loge le lieutenant Sobinsky, qui est amoureux d'elle. L'idylle des deux tourtereaux est perturbée par une déclaration de guerre en règle. Sobinsky s'enfuit à Londres. Son retour en Pologne précipite la troupe des comédiens dans une périlleuse intrigue d'espionnage...

 

| Genre : Heil moi-même !

Avant d'être une charge antinazie, ce chef-d'oeuvre d'intelligence est une variation hilarante sur « Etre ou ne pas être... ». Telle est la question dès le début, où Hitler se balade, seul, dans les rues de Varsovie en 1939, au milieu des passants ébahis. Hitler ? Non, un ­acteur de second plan qui « teste » la crédibilité de son personnage !

 

Dans ce Lubitsch, où une troupe de comédiens va aider un résistant à « déjouer » un plan des nazis, tout repose, plus que jamais, sur les apparences trompeuses. Le siège de la Gestapolui-même est le lieu de toutes les mises en scène : d'abord décor où des acteurs interprètent des SS de manière caricaturale (et très proche de la réalité !), puis scène de théâtre où ils démasquent un traître, et enfin véritable QG nazi, où un acteur mystifie les officiers en cabotinant — car il faut jouer faux pour paraître vrai à ces crétins. En privé, c'est pareil, il faut feindre : la comédienne Maria Tura (merveilleuse Carole Lombart, décédée juste avant la sortie du film) compatit aux angoisses de Joseph, son époux cabotin (« Votre mari a fait à Shakespeare ce que nous avons fait à la Pologne »), et drague en même temps un aviateur avec des sous-entendus sexuels purement lubitschiens ! Pour la rejoindre dans sa loge, celui-ci interrompt sans cesse le monologue d'Hamlet déclamé sur scène par Joseph...

 

Réalisé en 1942, ce film est, bien sûr, une oeuvre engagée, avec ses images de Varsovie bombardée et un vibrant monologue tiré du Marchand de Venise qu'un comédien récite au péril de sa vie. Mais, pour Lubitsch, c'est le ridicule qui tue le mieux la barbarie. — Guillemette Odicino



Guillemette Odicino

 Vogliamo Vivere (1942) 1/10 : http://www.youtube.com/watch?v=Rn7PpGNrzck; part 2/10

 

To be or not to be [ Lubitsch 1942 : http://www.youtube.com/watch?v=JRa4YNsZiA0

 



20/08/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 32 autres membres